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Un manequin qui donne envie d'être ronde titre l'article mais de qui se moque-t-on ????

 

Tara se déshabille sans la moindre pudeur

Tara se déshabille sans la moindre pudeur et balade maintenant sa bouille rieuse et son large derrière en tanga couleur chair à travers le studio, aussi à l’aise que dans sa salle de bains. Elle regarde les premières photos de la séance affichées sur un mur par l’assistant du photographe – qui jubile, tellement Tara est une joie de fille à prendre en photo. On sait toutes ce que c’est de se voir en photo, avec ses imperfections, on déteste ça, on est dures avec soi, mais Tara pose son long doigt bronzé sur celle où elle est nue et s’exclame : « I love this one ! » avec une voix de petite fille qui dit : « J’adore le Nutella ! » Ah, si seulement les femmes complexées par leurs rondeurs avaient la chance de se retrouver à la place de Tara, sublimée par l’oeil d’un photographe et le talent d’une styliste, star d’une série de mode, choisie pour ses formes, célébrée pour ce qu’elle est. Contrairement à ce que ses joues rebondies pourraient laisser croire, Tara a 27 ans, mais ne fait ce métier que depuis deux ans. Avant ça, elle a galéré. Aux Etats-Unis, elle a fait des dizaines de petits jobs, serveuse de fast-food, épicière, ouvrière agricole, secrétaire, pour économiser et venir en France, où elle a passé deux ans à Strasbourg, puis un an à Chantilly, en tant que jeune fille au pair, avant de reprendre ses études à Seattle. Elle s’exprime dans un français joliment teinté d’accent américain. « Lorsque j’étais à Chantilly, un soir, Mathilde, la petite fille que je gardais, est rentrée de classe en disant innocemment : “Tara, les enfants à l’école, ils ont dit que t’es grosse. Mais je t’aime quand même.” Je lui ai dit que je l’aimais aussi, et j’ai essayé de ne pas pleurer, raconte Tara. Dès le lendemain, je me suis mise à faire du jogging une heure et demie par jour. J’ai perdu 30 kilos en deux ans, au prix d’efforts nutritionnels insensés. J’avais toujours faim. Des courbatures en permanence. J’allais mal. Je me suis détendue, j’ai repris 10 kilos, je me suis sentie de nouveau heureuse et je suis rentrée à l’agence de mannequins Ford NYC. Je me sens bien dans ma peau aujourd’hui, mais ce n’est pas seulement grâce à mon métier. Je crois que j’ai surtout repris le contrôle de ma santé et accepté l’idée que ma silhouette n’était pas conforme à l’image de la perfection qu’on nous bombarde en permanence. »

ELLE